Saraha était un grand Maître Bouddhiste. Tous parlent de Saraha comme du "Grand Brahmane"
Pour Saraha, les « hommes sensuels » sont illusionnés.
Mais, contrairement à l‘ascèse catholique qui considère les plaisirs sensuels comme « contraire à la volonté de Dieu », pour Saraha, ils doivent être abandonnés simplement parce qu’ils sont un obstacle à la naissance d’une joie infiniment plus haute, plus subtile qui est celle naissant de la connaissance de notre véritable nature.
L’homme qui délaisse cette béatitude indestructible pour un plaisir passager, limité est donc à plaindre et fait l’objet de toute la compassion de Saraha.
Cependant, un être réalisé, pleinement illuminé, peut vivre n’importe quelle situation, en apparence la plus scandaleuse, tout en demeurant pur, détaché, puisque toutes choses sont extase et joie sans limites pour lui.
-Cette dernière phrase est pleine de sagesse, malgré les apparences, en effet, un être réalisé n’a aucun attachement, il peut donc avoir une vie sexuelle ou autre, paraissant fou aux yeux des hommes ou impurs cela le laisse totalement indifférent.
Prenons l’exemple qui me vient sur le moment « Deshimaru » était un grand Maître Zen et pourtant il buvait et même quelques fois faisaient boire ses disciples… mais alors me direz-vous, quelle différence y a-t-il en un disciple qui boit avec Deshimaru ou a des relations sexuelles ( pas avec le Maître, bien sûr) et « moi *» qui boit quand j’en ai envie ?
*précision, il ne s’agit de « moi » Aditi-
La différence est celle-ci, lorsqu’un Maître demande a un disciple de faire ceci ou cela Il contrôle et sait exactement de quoi le disciple a besoin en cet instant précis, c’est souvent pour casser un concept, une habitude… Ce qui est demandé, par le Maître, ne l’est pas pour que vous retiriez du plaisir mais pour que vous compreniez et dépassiez ce qui vous bride sur le chemin…
Car le Maître ne peut avoir que de la compassion pour le disciple qui se perd dans des plaisirs illusoires.
L’homme est enclin au désir et lorsqu’il s’y adonne c’est sans sagesse et nous savons que le désir est insatiable… Pourquoi devient-on alcoolique ? Parce que le premier verre était « bon » pour nous, puis nous commençons à boire un peu chaque jour, puis plusieurs fois par jour… les alcooliques sont rarement saouls, la plupart du temps, ils tiennent bien l’alcool… De même celui qui s’adonne aux plaisirs sensuels sans retenue finit par créer en lui un « besoin » car, pensent-ils il ne peut vivre « sans cette addiction ».
Tout cela est pure illusion… c’est l’attachement au plaisir qui provoque le désir de renouveler sans cesse ce qui nous a procuré du plaisir.
Aditi